Au moins 800 substances chimiques appelées perturbateurs endocriniens influent sur notre système hormonal et métaboliques, se trouvent dans les emballages en plastique chose à bien se mettre en garde

Publié le : 29 mars 20215 mins de lecture

Les substances chimiques quotidiennes mettent en danger le système endocrinien et le métabolisme

Les scientifiques mettent en garde contre les dangers pour le système endocrinien et le métabolisme de substances chimiques largement utilisées (par exemple les phtalates et le bisphénol A) dans les emballages, les aliments et les cosmétiques.

Au moins 800 substances chimiques courantes appartiennent à ce qu’on appelle les perturbateurs endocriniens, qui interviennent dans le système hormonal et peuvent provoquer de graves troubles métaboliques. Ces substances se trouvent, généralement, dans les emballages en plastique, les cosmétiques, les pesticides, les appareils électroniques ou même dans les aliments, notamment dans les plats cuisinés. Un groupe de scientifiques vient de publier une déclaration adressée à l’Union européenne,  

Des recherches supplémentaires sont primordiales pour définir les réglementations fondamentales capables de normaliser l’utilisation industrielle de ces produits chimiques, La Société allemande d’endocrinologie (DGE), qui souligne depuis des années les dangers des perturbateurs endocriniens, se félicite d’avoir identifié ces règles et met en garde les consommateurs pour qu’ils puissent manipuler ces substances avec retenue et prudence.

Les maladies métaboliques telles que le diabète sucré ou les maladies thyroïdiennes sont en augmentation dans le monde entier, ce qui ne peut être attribué uniquement au mode de vie ou à la génétique. Les substances chimiques présentes dans la vie quotidienne pourraient en être l’une des causes. Les perturbateurs endocriniens affectent l’équilibre du système hormonal et le métabolisme, le stockage des graisses et le développement des os et du système immunitaire, explique le professeur Dr. med. Helmut Schatz, porte-parole de la Société allemande d’endocrinologie (DGE).

Les premières recherches ont, déjà, montré que les perturbateurs endocriniens peuvent avoir des effets importants. Certaines d’entre elles agissent comme des hormones et se fixent à un récepteur hormonal dans le corps. D’autres bloquent un récepteur hormonal et empêchent ainsi les propres hormones du corps de s’attacher et de devenir efficaces. D’autres interfèrent avec la production ou la conversion des propres hormones de l’organisme, provoquant une hausse ou une baisse des niveaux d’hormones dans le sang. Selon l’expert en hormones de Bochum, ils jouent probablement, aussi, un rôle majeur dans le développement du système nerveux de l’enfant. Ils peuvent entraîner des malformations génitales chez les garçons, interférer avec la production de sperme ou même favoriser le syndrome de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) chez les enfants et peuvent être impliqués dans des cancers de la prostate, du sein et de la glande thyroïde liés au système endocrinien.

Un groupe de scientifiques du domaine de la santé publique a, maintenant, formulé ses exigences sur le traitement des perturbateurs endocriniens dans une déclaration à l’Union européenne. Dans la déclaration du Berlaymont du 24 mai 2013, les 89 chercheurs internationaux critiquent le fait qu’aucune méthode d’essai n’est disponible pour toute une série de substances chimiques aussi suspectes. En outre, les méthodes actuellement les plus efficaces ne seraient pas utilisées pour les substances testables. L’évaluation selon laquelle de faibles niveaux d’exposition à ces substances ne sont pas dangereux est particulièrement préoccupante dans la réglementation actuelle. « Un grand nombre de perturbateurs endocriniens commencent à faire effet même à faible dose », explique le professeur Schatz. Il n’y a pas de valeur seuil en dessous de laquelle les substances sont inoffensives. Leur effet néfaste s’accumule sur de longues périodes.

De l’avis du DGE, l’orientation de la déclaration du Berlaymont est un pas dans la bonne direction.

Les scientifiques soulignent que les perturbateurs endocriniens sont susceptibles de provoquer des dommages graves et irréversibles, bien qu’il n’y ait pas suffisamment de données pour décrire précisément le risque à l’heure actuelle. Ils appellent, donc, à des programmes de recherche complets. Depuis plusieurs années, la DGE a souligné, à plusieurs reprises, l’importance croissante des perturbateurs endocriniens. 

Le bisphénol A, qui est utilisé par exemple pour le revêtement intérieur des boîtes de conserve, ou les phtalates, qui sont largement utilisés comme « plastifiants » dans l’industrie de l’emballage : La DGE conseille expressément de faire preuve de prudence dans la manipulation de ces matériaux. 

Les montagnes de déchets plastiques qui ne cessent de croître et qui polluent notre environnement, il faut essayer d’acheter le moins possible « emballé » », conseille le professeur Schatz. Autrement dit, il faut consommer le moins possible d’aliments finis emballés dans du plastique, se passer de conserves, acheter plutôt des légumes frais du marché et éviter les boissons en bouteilles plastiques ou en emballages composés (voir aussi la contribution au blog sur blog.endokrinologie.net/endokrine-disruptoren-793/).

Source : Société allemande d’endocrinologie (DGE)

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