Avec le label climatique, en route vers un monde financier vert

Publié le : 29 mars 20216 mins de lecture

Sur la voie d’une économie financière durable en Europe, l’Union européenne veut montrer aux investisseurs comment les objectifs climatiques de Paris peuvent être atteints. Les consommateurs doivent pouvoir identifier les investissements durables au moyen des sceaux.

Les investissements durables sont en passe de devenir monnaie courante. La BaFin organise des événements sur le sujet, et le gouvernement allemand met en place un conseil consultatif sur le financement durable. Les agences de notation traditionnelles rachètent en série les agences de recherche sur le développement durable afin d’étendre leur expertise.

Cette nouvelle dynamique s’explique principalement par le fait que l’UE a fait du financement durable sa priorité. Il s’est fixé comme objectif de ne pas émettre de gaz à effet de serre d’ici 2050. Pour y parvenir, elle veut réorienter les flux de capitaux européens vers des technologies et des modèles commerciaux plus durables. À cette fin, un groupe d’experts de haut niveau a élaboré des propositions concrètes pour promouvoir le financement durable, qui ont été adoptées en mai 2018 dans un plan d’action de l’UE pour le financement de la croissance durable. Depuis l’été 2018, ces mesures ont été élaborées par un groupe d’experts techniques.

L’UE veut une compréhension uniforme des investissements verts

Un système de classification des investissements est au cœur du plan d’action. L’UE veut préciser quelles activités économiques doivent être considérées comme respectueuses du climat. Le groupe de travail a identifié 67 activités qui sont responsables de 80 % des émissions. Un rapport technique complet a été publié en juin 2019, qui propose des critères concrets pour les différents secteurs. Si ces critères sont remplis, ils sont considérés comme des activités écologiques selon l’UE. La taxonomie servira de point de départ à l’élaboration d’autres instruments, par exemple une norme d’obligation verte ou un label écologique, avec lesquels l’UE vise à normaliser davantage les produits financiers.

Toutefois, la taxonomie récemment adoptée n’est pas une taxonomie de la durabilité, mais une taxonomie du climat. Il décrit en détail les conditions dans lesquelles une activité économique est conforme à la compréhension du climat par l’UE. D’une part, elle devrait contribuer de manière significative à l’atténuation des conséquences du changement climatique. D’autre part, elle ne doit pas entraîner de conséquences écologiques négatives, par exemple la pollution de l’air et de l’eau ou la destruction des écosystèmes.

Peu d’attention a été accordée à la performance sociale d’une entreprise ou d’un projet. En particulier dans le secteur des matières premières, qui est très important pour les technologies vertes, il y a des violations répétées des droits du travail et des droits de l’homme. En raison de la complexité de la question et du peu de temps disponible, il n’a pas encore été possible d’examiner ce domaine.

Rapports complets sur le climat par les entreprises

L’UE a également constaté le manque de transparence de nombreux acteurs des marchés financiers. Ils font des rapports très incohérents sur la pertinence du climat pour leurs activités commerciales. Dès 2017, l’initiative internationale Taskforce on Climate-Related Financial Disclosure (TCFD) a établi un cadre pour la manière dont les institutions doivent procéder à la communication d’informations sur le climat. En outre, les plus grandes sociétés cotées en Europe sont tenues de divulguer les risques importants dans leurs rapports non financiers.

Sur cette base, l’UE veut maintenant préciser les lignes directrices pour les grandes entreprises ainsi que pour les banques et les compagnies d’assurance. Le facteur décisif à cet égard est que, d’une part, des informations doivent être fournies aux investisseurs sur l’influence du climat sur les entreprises (perspectives financières). D’autre part, il est également important d’informer les clients, la société ou les employés sur l’influence de l’entreprise sur le climat (perspective environnementale et sociale). Toutefois, ces lignes directrices ne sont pas encore censées être juridiquement contraignantes.

Des repères à faible teneur en carbone pour atteindre les objectifs climatiques

Certains indices de référence jouent un rôle central sur le marché des capitaux, car de nombreux acteurs alignent leurs portefeuilles en conséquence. Les repères à faible teneur en carbone, appelés « low carbon benchmarks », sont de plus en plus populaires. Cependant, il existe un désaccord sur le marché quant à savoir si les indices qui y sont actuellement proposés contribuent réellement aux objectifs de l’UE. L’Union européenne a donc élaboré deux types de critères : le référentiel de l’UE sur la transition climatique et le référentiel de l’UE aligné sur celui de Paris. À l’avenir, les fournisseurs d’indices devraient utiliser ces deux éléments comme guide lors de l’introduction de nouveaux produits sur le marché. L’UE souhaite ainsi accroître la transparence quant aux stratégies d’investissement adaptées pour atteindre les objectifs climatiques.

Il ne s’agit là que d’une sélection des initiatives les plus importantes. Elle montre que personne sur le marché financier ne pourra éviter la question de la durabilité à l’avenir. Il faut espérer que les acteurs concernés sont conscients de leur responsabilité et que leur travail va réellement initier un changement vers un marché financier plus écologique et plus social. Il n’y a plus de temps pour la seule chirurgie esthétique.

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